REVÊTEMENT, CICATRICES POLYCHROMES

11 mars —
16 avril 2022


REVÊTEMENT,
CICATRICES POLYCHROMES

Exposition
Du 11 mars au 16 avril 2022

> Flora Moscovici <

Flora Moscovici retouche. Par contact, dans un rapport physique avec les lieux qu’elle investit, elle applique de la couleur sur des surfaces existantes. Ainsi, elle enveloppe de peinture poudrée venant maquiller sans cacher. Ses plages atmosphériques sont des espaces qu’on foule, évoluant avec le monde qui les environne. En cela, l’artiste ne s’abstrait pas. Sans pour autant figurer. Son action cutanée pourrait relever d’une forme de restauration, qui nourrit et répare, rassasie et rafraîchit. Mais à l’inverse de la mission d’une conservatrice, elle transforme. Plutôt que de réfrigérer, elle impulse à l’œuvre une vie propre. C’est un organisme autonome, une créature, parfois balafrée. Et comme on ne part jamais de rien, Flora Moscovici s’aventure aujourd’hui à retravailler la mue d’une commande publique. Il y a quelques mois, sa peau s’affichait au soleil parisien, bien verticale, au cœur de la capitale. Arrachée à son emplacement royal, puis malmenée dans l’obscurité d’un parking souterrain, la voilà couchée dans une friche industrielle. Les plaies d’un tel traitement se révèlent au déploiement du grand épiderme, dont on ne camoufle pas les stigmates. Nimbes et hématomes en font la palette. Des pigments sont apposés en baume. Des soins plastiques sont prodigués en ce milieu synthétique d’acryliques polyuréthanes sur polychlorure de vinyle. La façade se ravale. À panser ces blessures, l’artiste tranche sans violence. Œuvrant à la coupe, elle opère en couture et sutures. Alors on change d’échelle, du plein air au huis clos, d’un abord monumental à la promiscuité, du hiératique au gisant. Ce transfert est à la fois un grand renversement et un retour aux origines, la bâche ayant initialement été peinte au sol. Photosensible à sa manière, elle rend au dedans, tout ce qu’elle a absorbé dans la rue, et continue de faire rayonner l’empreinte de son exposition.

Joël Riff
Moly-Sabata
février 2022


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Photographies : © Siouzie Albiach et © Les Ateliers Vortex, 2021

 

ACIDE

15 octobre —
20 novembre 2021


ACIDE

Exposition
Du 15 octobre au 20 novembre 2021

> Sarah del Pino <

J’avais la veille fait tomber de l’échelle une vieille bouteille d’éther
explosa au sol nous électrisant tous
dans les épaules
dans les éthers, l’étiquette jaune, les pictogrammes défaits
une fumée vieille, très loin dans les ères
une fumée jaune partout au sol et sur la main, sur le chemin pour descendre, changeait de couleur
avec la chaleur
(l’effervescence) du béton     des fleurs gonflaient…
selon mon angle, le sien, je m’imaginais les couleurs
que je prenais dans ce nuage et
vu du bas…

…ses bulles sauvages et ses éthers, ses bouteilles d’éclairs… ses vieilles pierres
à muter     faire surface,
    des fontaines, des meurtrières,
à sourdre.     (des rondes noires au sol se levaient des masses sourdes)

quelle force les poussait ?
je cherchais… un mécanisme, une sorcellerie, la règle d’une
divination
la chimie de ces murs
où j’aurais pu entrer…
    coincé mon regard à la sortie d’un trou, comme à un serpent le terrier.
Là,     verticale et maudite,       une eau vieille et numérique
sorceleuse
    tournait,
(coagulait et semblait ralentir)
l’eau bleu d’un tournesol
tournait
en une eau rouge, protique, grumeleuse

des effluves entre nous, glacées, vernies, vitrées
s’échangeaient…
des branches d’hiver     de sureau, givrées
une nuée froide entre nos yeux
continuait de brûler les graisses de mon cerveau.

…m’est alors venu d’y jeter quelque chose (nous étions ensemble le mur et moi)
trouvant donc
au mur un puits

                   (ou cette fontaine acide d’où sortiraient les pierres)

Valentin Degueurce


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> Conversation du 20 novembre 2021 <


Photographies : © Siouzie Albiach, 2021

 

IN TWO II

17 février —
03 mars 2021


« PEAU AIME » DE JULIETTE BUSCHINI ET THÉOPHILE SARTORI

TRASHPOP MASHUP PAR NICOLAS THIRION

EXPOSITION ET PIÈCE SONORE

Exposition 17 février – 03 mars 2021

> Juliette Buschini <

> Théophile Sartori <

Ce deuxième opus de la série IN TWO réunit Juliette Buschini et Théophile Sartori, rencontre dartistes à la complicité plastique et aux références communes artistiques comme profanes indéniables.

Si Juliette Buschini entretient avec le médium pictural un rapport presque exclusif, le champ de son répertoire est, quant à lui, beaucoup plus vaste. Traversé par la dualité, son travail est tout à la fois malicieux, mais sérieux, spontané, mais réfléchi, trash, mais sophistiqué, trivial, mais érudit. Puisant dans la culture populaire ses références textuelles et iconographiques, elle projette sur la toile couplets de tubes, slogans publicitaires, et punchlines du moment, établissant avec le regardeur un rapport de complicité et convoquant une forme de musicalité référentielle. Sa pratique de la peinture, mêlant urgence et rapidité, se traduit par une économie de geste. En résulte une sélection impitoyable, basée sur laffect, des toiles ainsi produites.

Comme elle, Théophile Sartori est animé par le besoin impérieux et immédiat de produire. Exerçant sur ses pièces un geste libérateur, il gratte, ponce, érode, arrache, et révèle la tessiture de matériaux souvent jugés communs et dénués de valeur. Témoignant de son intérêt pour leurs différentes strates et dun goût tant vengeur que délicat pour laltération et la contrainte de la matière, ses œuvres s’observent à la manière d’un palimpseste. Son travail, marqué par une économie de moyen et de geste, trahit une forme de mise à nue ; une sincérité sobre et sans arrogance.

Composée au son plutôt brutal de leur répertoire musical commun, l’exposition de Juliette Buschini et Théophile Sartori aux Ateliers Vortex dévoile toute la subtilité d’un jeu de teintes et d’échelles en harmonie, et leur réflexion commune sur la façon d’investir l’espace à la manière d’un paysage.

En résonance avec leur proposition plastique et leur attrait commun pour un répertoire musical éclectique, Juliette Buschini et Théophile Sartori choisiront chacun 5 morceaux mêlant punk et soundtracks populaires. Nicolas Thirion, musicien et compositeur, interprètera ce mash-up sonore dans l’espace d’exposition des Ateliers Vortex. Cette performance live fera l’objet d’une captation vidéo, diffusée sur Youtube et les réseaux sociaux.


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Photographies : © Les Ateliers Vortex, 2021

IN TWO III

21 janvier —
12 février 2022


EXPOSITION D’IVÀN CHAVAROCHE & VIOLENCE HUMBERT-SEGARD PERFORMANCE SONORE DE LEA TANIA LO CICERO & NICOLAS THIRION

Exposition 21 janvier – 12 février 2022

> Ivàn Chavaroche <

> Violence Humbert-Segard <

Les ténèbres du quotidien s’abattent sur quiconque tente de s’en extraire. L’infernal diktat de la peur, maîtresse de tout destin, s’installe comme un tuteur. L’on tremble d’être à ce point submergé par le réel, immobile, transcendé par sa condition propre. Dans la nervosité florissante, seuls demeurent les yeux écarquillés : impossible de rebrousser chemin.

Pétri de nausées, il faut échapper à l’ordinaire et se jeter à corps perdu dans la fragilité des illusions. Puisque la fuite ne peut se faire au dehors, elle se fera tout au creux du lucide. Il va lui falloir faire le deuil de ce monde qu’il a quitté ; embaumer sa nostalgie et mettre en bière ses souvenirs. En extraire quelques engrammes pour en faire des reliques.

Il n’est d’autre choix que de narrer les éclosions de l’abîme. Gonflant l’absurde qui en devient rutilant, l’on s’esclaffe devant le pire car le règne irréfutable de l’angoisse condamne à pouffer. Convulsant violemment, désarticulé par de fiévreux délires, l’hôte jusqu’alors baillonné par le ridicule s’en verra délivré.

S’il est des larmes sans valeur, aucun rire ne trompe sur la peur qu’il occulte. Il est comme un petit bond : infime dérogation à la condition terrestre.

Cynisme épanché, l’on laisse des traces pour ne plus jamais être là : vestiges d’un quotidien minable et forcément minable puisque quotidien.

Crispé, sourire béant : mourir de rire, c’est mourir quand même. »

Charmant Bourreau, 2022


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> Performance Vernissage IN TWO III <

> Performance Finissage IN TWO III <


Crédits photographiques : © Thai Binh Phan Van, 2022