CONVERSATION entre Mona Rocher & Michel Hindenoch

Samedi 24 avril 2021


CONVERSATION

entre Mona Rocher & Michel Hindenoch Samedi 24 avril 2021

Exposition LA VEILLÉE


Michel Hindenoch

Conteur fascinant chez qui la parole trouve un écho à ses accompagnements à la cithare hongroise, à la flûte de Pan et au percutube. Après des études d’arts plastiques aux Beaux-Arts de Nancy et une dizaine d’années de recherches et d’aventures au sein du mouvement folk dans années soixante-dix, comme chanteur et instrumentiste, il découvre le conte et est conquis. Depuis 1982, il a entrepris de raconter des fables, des contes, des mythes, et la musique et les images ne l’ont plus quitté.

La conversation entre Mona Rocher et le conteur Michel Hindenoch s’est tenue aujourd’hui aux Ateliers Vortex, marquant la fin de l’exposition « La Veillée ». Merci beaucoup à tous deux!

Cette belle rencontre entre les deux artistes fit l’objet d’une captation audio par l’équipe de Radio Dijon Campus.

Mona Rocher

Née en 1995 à Valence, vit et travaille à Dijon. « Bien que plastique, le travail de Mona Rocher se situe à l’articulation des deux pôles de la performativité : le langage et le corps. La dimension verbale de son travail réside dans le recueil de témoignages, l’écriture de dialogues ou de fragments poétiques au sein desquels le mot équivaut à l’action, plus qu’il ne la décrit ; tandis que le corps est présent en creux dans des scénographies épurées et modulables, qui empruntent leurs codes au théâtre. On pourrait définir ses œuvres comme des dispositifs d’énonciation et d’action qui ouvrent sur des espaces potentiels, prêts à être investis. Mona Rocher compte en effet sur l’intervention de comédiens et plus encore sur la participation du public pour les activer. Elle élabore pour cela une dramaturgie de l’absence, traduite dans des formes élémentaires et neutres, à rebours de tout effet spectaculaire ou esthétisant. Jamais closes sur elles-mêmes, ni réellement achevées, ses installations et sculptures semblent au contraire rejouer la scène d’une expérience esthétique naissante, au moment où les matériaux, l’intention de l’artiste et les projections du public organisent leur rencontre.

Ses œuvres plastiques sont motivées par la question de réduire l’acte de création à son minimum signifiant. […] Assemblée selon des règles d’accointance formelle ou d’équilibre de la composition, et surtout par jeu, chaque sculpture performe un geste archaïque, dans une certaine mesure proto-artistique, qui compte moins sur la virtuosité technique que sur le seul désir de s’exprimer et d’élaborer des formes.

[…] La concision et la neutralité formelles de la pièce ouvrent à la possibilité d’un investissement pluriel, l’œuvre étant toujours rejouée, redéfinie, requestionnée par ceux qui l’activent. Cherchant à répondre aux « Comment commencer ? » ou « Combien est assez ? », Mona Rocher éprouve ainsi la création à sa racine, là où l’art est encore un jeu.. »

Florian Gaité, chercheur en philosophie et critique d’art


> Accédez à la conversation <

> Lien vers l’exposition <


Photographies : © Vincent Arbelet, 2021

PERFORMANCE – RUN

samedi 17 septembre 2022


RUN

Performance
samedi 17 septembre 2022

Dans le cadre des Journée Européennes du Patrimoine 2022

> Nicolas Virey <
 
 
Performance sonore, Nicolas Virey, vielle et Émilie Labrégère, course à pied

Avec le soutien de Why Note • Ici l’Onde

 
« Run » est une performance de trente minutes entre un vielliste et une runneuse qui se joue de ses pas de course pour créer des sons, des rythmes en dialogue avec le joueur de vielle. La vielle est d’abord un instrument médiéval, traditionnel et populaire qui appelle à la danse. Ici, elle invite à la course par une proposition sonore débridée. La vielle est trafiquée, ou plutôt augmentée, donnant lieu à des registres sonores qui dépassent ceux qu’on lui connaît habituellement. La vielle est connue pour ce son « bourdon », elle habite l’espace, oriente le sens, tantôt sombre, tantôt lumineux et donne ainsi la couleur à la course.
 
La runneuse s’engage alors dans une course sonore et percussive, sondant l’imaginaire de celui qui regarde. Son rythme, lent, rapide, saccadé, sur le sable, dans la neige, dans l’escalier, sur un trottoir, dans la forêt, en proie à la fuite, surprise par un retard, dans l’exercice de l’ascension d’un mont, sont autant d’images à explorer. La runneuse évolue sur un socle carré d’un mètre, en surplace, à des rythmes différents, dans des ambiances diverses et avec des chaussures qu’elle changera progressivement, outils d’expériences sonores également : courir en talons aiguilles ne produit pas la même chose qu’en baskets ou en Moon Boots !
 
 

> Événement Facebook des Journées du Patrimoine <


Photographies: © Why Note • Ici l’Onde, 2022

HISTOIRES DE DIJON ET DE BOURGOGNE

9 septembre – 5 novembre 2022


HISTOIRES DE DIJON ET DE BOURGOGNE

Exposition
Du 9 septembre au 5 novembre 2022

Emma Riviera <

Emma Riviera est née en 1995 à Paris. Elle vit et travaille entre Marseille, Arles et Paris. Après une licence en cinéma, elle intègre l’École supérieure de photographie d’Arles en 2017. C’est grâce à cette double approche, entre cinéma et photographie, que son travail assume une force narrative particulière. L’image, bien que statique, ne l’est jamais vraiment, en donnant lieu à des séries qui se conçoivent toujours comme des explorations, des périples, des récits envoûtants aussi mouvementés et captivants que des documentaires.

Les histoires se construisent autour de la rencontre. Rencontre de l’autre, rencontre du spectateur, rencontre d’un territoire : l’altérité est au coeur de la démarche, dans une époque où la photographie est bien souvent tournée vers le “soi”.
Emma Riviera voyage dans les communes françaises que l’actualité néglige : de l’ambiance un peu surréelle de Fos-sur-Mer aux habitants de Niort avec leurs histoires fascinantes, en passant par les “sorcières”, les marginaux, les vagabonds, celles et ceux qui sont sortis d’un tissu social excluant.
Ce sont des modes de vie autres qu’urbains qui attirent l’objectif de la photographe. Éminemment sociale, tout en restant résolument poétique, la photographie d’Emma Riviera tisse un lien entre des vies éloignées.
Le processus de monstration est, lui aussi, voué au partage : lors de moments d’échange avec le public, la photographe raconte des souvenirs et des anecdotes.

Le style est spontané, au plus près de ses sujets et du réel. Sans fioritures, et pourtant rempli de délicatesse et d’attention envers celles et ceux qui acceptent de se dévoiler. Une photographie qui privilégie la simplicité, autant dans les moyens déployés que dans l’approche des sujets. Les clichés sont tendres, comme ces photos de famille où les grands-parents, avec leurs rides magnifiques, semblent surpris par le flash un peu trop fort. Ils affichent souvent des sourires timides et pourtant fiers, solennels et pourtant ironiques… ils ont tous la classe dans ces photographies intimistes aux couleurs saturées.
Dans son processus, Emma Riviera fait le choix du soin, de l’échange, et parfois même de la vulnérabilité et du grotesque. Ces récits sont ceux d’une exploration à la frontière entre la norme et la marge.

Résidente à la Villa Pérochon en septembre 2021, elle a entamé une pérégrination à travers des villes françaises en commençant par Niort. Elle transforme alors sa résidence dans le Marais Poitevin en virée touristique, en tirant le portrait des habitants et en les accompagnant de cartes postales qui retranscrivent leurs histoires. Un homme dangereux, un sex-shop poussiéreux, une légende locale.
Mais aussi de la station spatiale Mir, un gosse avec son chiot, une foire de tracteurs qui ressemble aux États-Unis. On plonge dans les chroniques de Niort comme dans un roman contemplatif, parsemé de mystère et enveloppé dans un silence surréel et parfois franchement drôle.

À l’été 2022, Emma Riviera poursuit sa résidence aux Ateliers Vortex à Dijon. C’est ici qu’elle continue son enquête photographique.
L’ambiance se fait plus sombre que lors du précédent voyage à Niort : nous sommes enveloppés dans une atmosphère qui côtoie l’étrange. Histoires de Dijon et de Bourgogne retranscrit l’ambiance envoûtante du Morvan. C’est dans cette région naturelle que s’est concentré le travail d’Emma Riviera, happée par les paysages vigoureux et enveloppants.
Pendant cette résidence, la photographe a arpenté les alentours de Dijon, à la rencontre de personnages et de lieux aux allures de Twin Peaks. Pascal, ancien cheminot et photographe, fasciné par la “poésie ferroviaire”, a parcouru la Bourgogne en long et en large. Il évoque la nuit où il a dû faire face au premier accident sur les rails, mais aussi la fois où il a rencontré un énigmatique chasseur de vipères… On croise ensuite René, l’aubergiste fan de Mitterrand (on découvrira que beaucoup de Morvandiaux sont fans de l’ancien Président, qui fut député non loin d’ici), qui a racheté l’intérieur d’un pub en style anglais pour décorer son auberge en hommage aux années qu’il a passées à Londres. Janine, qui connaît le Morvan comme ses poches, est gardienne de son histoire particulière… et de la recette d’un dessert rare, le crapiaux.
Entre maisons qui prennent feu, le retour du lynx, les champs de sapins de Noël et bien d’autres histoires, on pénètre dans un récit aux airs de réalisme magique sud américain. Le tout, au cœur d’une canicule omniprésente, étourdissante, irréelle.

Costanza Spina
Septembre 2022


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Photographies : © Siouzie Albiach, 2022

IN TWO V

19 janvier —
10 février 2024

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

HORIZONS LIQUIDES

Cycle IN TWO. V

Exposition
Du 19 janvier au 10 février 2024

> Émilie Soumba<

> Louis Simonnet <

Émilie Soumba (1987) vit et travaille à Besançon. Diplômée de l’ISBA en 2022, l’artiste a participé à plusieurs expositons collectives à La Fraternelle à Saint-Claude ainsi qu’à la Cantine d’Art Contemporain de Belfort dans le cadre du dipositif « Pôle Position 2022 » du réseau d’art contemporain Seize Mille. En 2023, elle a bénéficié d’une exposition personnelle, « Sur/plu et plus » aux Ateliers Vauban à Besançon. Elle a également été sélectionnée pour investir la Box du 19 Crac à Montbéliard en décembre 2023 avec l’installation Fugitive, conçue comme une boule à neige.

Initiée avec le collage, la pratique d’Emilie Soumba démarre avec l’exploration et la collecte d’objets. Elle s’intéresse à nos restes : les objets délaissés de notre quotidien, ceux qu’on jette au coin d’une rue ou qu’on ne voit plus. Le collage se fait désormais en volume : l’artiste joue de matériaux, de fragments et de médiums variés pour composer de nouvelles formes en relief, entre la sculpture et l’installation. Emilie Soumba propose des imaginaires renouvelés et ancrés dans nos réalités par une recherche tant sur les formes que sur les mots qui les accompagnent.

Louis Simonnet (1996) vit et travaille entre Besançon et Naples. Diplômé de l’ISBA en juin 2023, il a présenté son travail lors de l’exposition des diplômé·es intitulée « L’aube » en octobre dernier.

Les créations de Louis Simonnet prennent également pour départ la récupération de tissus et de textiles variés. Il cherche à décrypter leurs histoires et les émotions inhérentes à ces premières trames. Avec un jeu subtile de réserve, Louis Simonnet tisse des liens avec les surfaces et son intervention, entre la peinture et le ready-made. Curieux de ce qui fait paysage, dans une oeuvre et dans l’oeil du spectateur, l’artiste use du détail et de la couleur pour concevoir de nouvelles approches de ce genre pictural.

IN TWO

Le cycle IN TWO s’inscrit dans le cadre d’un partenariat entre Les Ateliers Vortex et ici l’onde (centre de création musicale à Dijon), liant exposition et performance sonore. Ce format court, initié en 2021, met en présence les oeuvres d’un duo d’artistes plasticien·ne·s et un·e ou plusieurs musicien·ne.s. Pensées en concertation, ces propositions se répondent et se complètent, dans un esprit de transversalité entre pratiques artistiques. La carte blanche offerte aux artistes dans l’occupation de l’espace des Ateliers Vortex les invite à porter un regard nouveau sur leurs propres oeuvres. Le concert ajoute une dimension performative à l’exposition.

 

 » Derrière le parapente échoué, Cric, crac, bzz,… reste, comme une amphore, un vestige archéologique venu d’un temps et d’un espace lointains, d’une civilisation passée. Il s’agit pourtant de l’assemblage d’un ballon de basket, d’une cruche en faïence et de câbles d’écouteurs trouvés, eux aussi, sur le chemin quotidien de l’artiste. Archéologie de notre époque, il flotte dans l’espace, témoignant d’une présence humaine absentée. En regard, le nageur, dans l’immensité bleue du Rêve d’été, lève le bras, nageant le crawl ou appelant à l’aide, rappelant que la mer, si elle est un lieu de plaisir pour les un.es, est celui de la fuite et de la tragédie pour d’autres. À l’heure où la loi immigration vient d’être votée, les tentatives de sauvetage métaphoriques et sensibles que mènent Emilie Soumba et Louis Simonnet m’apparaissent comme un écho à l’urgence à déployer, à l’échelle de la France, de l’Europe, dans les rues, en pleine mer, auprès de celles et de ceux que notre société rejette et abandonne… »

— Claire Kueny – Extrait du texte « Tentatives de sauvetage » —

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Performance Live de Deeat Palace 

Deeat Palace est le nom du solo de la musicienne Marion Camy-Palou. Depuis ses débuts dans la musique électronique expérimentale, elle puise son inspiration dans les atmosphères chaotiques de la musique industrielle et de la musique bruitiste.

> Accédez à la performance de Deeat Palace <


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Photographies : © Pauline Rosen-Cros

Sérigraphies papier: Collaboration avec le graphiste @Julian Lagoutte

« Underwater » Sérigraphie sur papier de Louis Simmonet, 40 exemplaires, 2024

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« Extractions liquides » Sérigraphie sur papier d’Émilie Soumba, 40 exemplaires, 2024

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IN TWO IV

20 janvier —
18 février 2023


EXPOSITION D’ÉLODIE ARMATA & ALETHIA LECOQ DIAZ

CONCERT DE NINA GARCIA

Exposition 20 janvier – 18 février 2023

> Élodie Armata <

> Alethia Lecoq Diaz <

 

La pièce sonore a fait l’objet d’une captation, diffusée ultérieurement sur Youtube et accessible sur les réseaux des Ateliers Vortex et d’Ici l’Onde.

Une vision objective, c’est un regard qui se porte exclusivement sur les objets. Il n’en est pas question ici. C’est bien le vivant qui se présente à nous. Une structure de métal, évoquant une forme organique, repose sur un cercle jaune. Une pierre est couverte de perles de rocailles qui dégoulinent au sol, de ce socle pousse une enfilade de bouteilles en plastique, rappelant la forme d’une plante qui aurait trouvé les ressources dans la terre aride pour se hisser vers les hauteurs et grandir. Ces bouteilles sont généralement utilisées au Mexique pour protéger les extrémités des fers à béton, dans les maisons dont les étages supérieurs restent à construire. 

Une liane en mousse rose fluo, prenant la forme d’un tissage de fleurs, est suspendue devant un aplat bleu cobalt. On retrouvera cette forme rose dans certaines toiles d’Élodie Armata, comme si le volume de l’une allait cheminer dans les pièces de l’autre. Cette idée de balade, d’errance et de marche est un point de départ au travail des deux artistes. Un point de départ déjà en mouvement, visible dans les pièces, où les formes sont dynamiques. On s’étonnerait à peine de les voir bouger. 

La nature et l’artificiel ont une voix commune dans le travail d’Alethia Lecoq-Diaz. Les éléments créent de nouveaux paysages, avec des lignes de mire à suivre pour se perdre. Ces éléments sont récoltés dans les villes, en parcourant leurs marges et leurs failles, en y découvrant des possibles. « Façonnés d’un va-e

t-vient entre la France et le Mexique, ces nouveaux paysages mélangent leurs architectures, mais aussi leurs rouages, leurs fonctionnements explicites ou cachés, tant économiques qu’humains. » 

Quand Élodie Armata part en balade, de ces errances, elle collecte des éléments visuels dont elle s’empare pour les simplifier à l’extrême. Elle les traduit par un langage formel qui lui est propre, où les phénomènes apparaissent dans ce qu’ils ont d’essentiel. L’essentiel est-il la nature d’une chose dont on aurait enlevé le superflu et le contexte ? Ou au contraire, le contexte et le superflu sont-ils constitutifs de toute chose ? 

 

Au préalable conçues de manière numérique, Élodie Armata passe ensuite à la peinture acrylique, à la bombe et au bâton d’huile pour réaliser ses toiles. Plus qu’un brouillon préparatoire numérique, ce processus créatif nous parle du rapport que nous avons à l’image digitale et physique. Ses toiles forment ainsi une œuvre hybride, dont émanent avec la même intensité pixels et pigments. À mi-chemin entre l’abstraction et la figuration, l’important ici n’est pas de reconnaître et de nommer ce que nous voyons, mais de sentir la familiarité de ce qui se présente à nous, sans pour autant saisir tout ce qui est invoqué. 

 

Au-delà d’une vision polarisée de notre réalité, Élodie Armata et Alethia Lecoq-Diaz nous offrent une lecture sur les entre-deux du réel, où les détails comptent. Elles nous donnent à lire une vision particulière du monde, vivante et saturée. Un monde constitué d’infime et d’immense. C’est dans les interstices qu’elles y trouvent leur langage.

— Marion Mucciante, 2023 —


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> Performance Vernissage IN TWO IV <


Photographies : © Siouzie Albiach

Sérigraphies papier: Collaboration avec la sérigraphe @Sarah Rousset

« Ondine aux fleurs » Sérigraphie sur papier d’Élodie Armata, 40 exemplaires, 2023

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« Corail » Sérigraphie sur papier d’Alethia Lecoq Diaz, 40 exemplaires, 2023

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HISTOIRES DE DIJON ET DE BOURGOGNE

9 septembre – 5 novembre 2022


HISTOIRES DE DIJON ET DE BOURGOGNE

Exposition
Du 9 septembre au 5 novembre 2022

Emma Riviera <

Emma Riviera est née en 1995 à Paris. Elle vit et travaille entre Marseille, Arles et Paris. Après une licence en cinéma, elle intègre l’École supérieure de photographie d’Arles en 2017. C’est grâce à cette double approche, entre cinéma et photographie, que son travail assume une force narrative particulière. L’image, bien que statique, ne l’est jamais vraiment, en donnant lieu à des séries qui se conçoivent toujours comme des explorations, des périples, des récits envoûtants aussi mouvementés et captivants que des documentaires.

Les histoires se construisent autour de la rencontre. Rencontre de l’autre, rencontre du spectateur, rencontre d’un territoire : l’altérité est au coeur de la démarche, dans une époque où la photographie est bien souvent tournée vers le “soi”.
Emma Riviera voyage dans les communes françaises que l’actualité néglige : de l’ambiance un peu surréelle de Fos-sur-Mer aux habitants de Niort avec leurs histoires fascinantes, en passant par les “sorcières”, les marginaux, les vagabonds, celles et ceux qui sont sortis d’un tissu social excluant.
Ce sont des modes de vie autres qu’urbains qui attirent l’objectif de la photographe. Éminemment sociale, tout en restant résolument poétique, la photographie d’Emma Riviera tisse un lien entre des vies éloignées.
Le processus de monstration est, lui aussi, voué au partage : lors de moments d’échange avec le public, la photographe raconte des souvenirs et des anecdotes.

Le style est spontané, au plus près de ses sujets et du réel. Sans fioritures, et pourtant rempli de délicatesse et d’attention envers celles et ceux qui acceptent de se dévoiler. Une photographie qui privilégie la simplicité, autant dans les moyens déployés que dans l’approche des sujets. Les clichés sont tendres, comme ces photos de famille où les grands-parents, avec leurs rides magnifiques, semblent surpris par le flash un peu trop fort. Ils affichent souvent des sourires timides et pourtant fiers, solennels et pourtant ironiques… ils ont tous la classe dans ces photographies intimistes aux couleurs saturées.
Dans son processus, Emma Riviera fait le choix du soin, de l’échange, et parfois même de la vulnérabilité et du grotesque. Ces récits sont ceux d’une exploration à la frontière entre la norme et la marge.

Résidente à la Villa Pérochon en septembre 2021, elle a entamé une pérégrination à travers des villes françaises en commençant par Niort. Elle transforme alors sa résidence dans le Marais Poitevin en virée touristique, en tirant le portrait des habitants et en les accompagnant de cartes postales qui retranscrivent leurs histoires. Un homme dangereux, un sex-shop poussiéreux, une légende locale.
Mais aussi de la station spatiale Mir, un gosse avec son chiot, une foire de tracteurs qui ressemble aux États-Unis. On plonge dans les chroniques de Niort comme dans un roman contemplatif, parsemé de mystère et enveloppé dans un silence surréel et parfois franchement drôle.

À l’été 2022, Emma Riviera poursuit sa résidence aux Ateliers Vortex à Dijon. C’est ici qu’elle continue son enquête photographique.
L’ambiance se fait plus sombre que lors du précédent voyage à Niort : nous sommes enveloppés dans une atmosphère qui côtoie l’étrange. Histoires de Dijon et de Bourgogne retranscrit l’ambiance envoûtante du Morvan. C’est dans cette région naturelle que s’est concentré le travail d’Emma Riviera, happée par les paysages vigoureux et enveloppants.
Pendant cette résidence, la photographe a arpenté les alentours de Dijon, à la rencontre de personnages et de lieux aux allures de Twin Peaks. Pascal, ancien cheminot et photographe, fasciné par la “poésie ferroviaire”, a parcouru la Bourgogne en long et en large. Il évoque la nuit où il a dû faire face au premier accident sur les rails, mais aussi la fois où il a rencontré un énigmatique chasseur de vipères… On croise ensuite René, l’aubergiste fan de Mitterrand (on découvrira que beaucoup de Morvandiaux sont fans de l’ancien Président, qui fut député non loin d’ici), qui a racheté l’intérieur d’un pub en style anglais pour décorer son auberge en hommage aux années qu’il a passées à Londres. Janine, qui connaît le Morvan comme ses poches, est gardienne de son histoire particulière… et de la recette d’un dessert rare, le crapiaux.
Entre maisons qui prennent feu, le retour du lynx, les champs de sapins de Noël et bien d’autres histoires, on pénètre dans un récit aux airs de réalisme magique sud américain. Le tout, au cœur d’une canicule omniprésente, étourdissante, irréelle.

— Costanza Spina, Septembre 2022 —


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— Conversation entre Emma Riviera et Pascal Reydet, 2022 —

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Photographies : © Siouzie Albiach

Carton d’invitation: © Atelier Tout va bien

Sérigraphie papier: Collaboration avec la sérigraphe @Sarah Rousset

« Histoire de Dijon et de Bourgogne » Sérigraphie sur papier d’Emma Riviera, 40 exemplaires, 2022

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CONVERSATION entre Maude Maris & Germaine Depierre

Samedi 21 novembre 2020


CONVERSATION

entre Maude Maris et Germaine Depierre Samedi 21 novembre 2020

Exposition CARNAIRE


Germaine Depierre

Autodidacte en anthropologie, elle est devenue au fil des années, une spécialiste unanimement reconnue de la crémation humaine et une chercheuse intégrée à l’UMR ARTeHIS de Dijon.
On peut la qualifier d’archéo-thanatologue. Profession désignant l’étude des différents aspects biologiques, sociologiques et culturels de la mort dans les sociétés antiques ou préhistoriques.
En collaboration avec Claude Mordant, elle publie en 2005 « Les pratiques funéraires à l’âge de bronze en France ».
La conversation s’est déroulée dans les studios de Radio Dijon Campus.
Elle fut l’occasion pour l’artiste et l’archéo-thanatologue d’aborder la question de la matérialité du corps défunt et sa perception au sein de différentes civilisations.
Maude Maris
Les travaux de Maude Maris sont très souvent en lien avec le lieu où ils sont réalisés. L’artiste, tout en suivant un protocole bien défini, aborde sans cesse de nouveaux centres d’intérêts, explore de nouvelles thématiques. Elle construit autour d’une image, d’un motif, une série de tableaux que des objets à l’apparence banale lui permettront de reconstituer sur le principe du « carambolage » par association de formes, de couleurs ou d’idées. Un travail, entre peinture et sculpture, qui ne cesse de surprendre.
« L’exposition « Carnaire » regroupe un ensemble de tableaux conçus autour d’une dichotomie : la représentation d’un corps fragmenté mais incarné, et le reflet de ce même corps visible dans son intégralité mais privé de sa matière. Deux visions des choses se retrouvent alors figurées dans un même espace, le fragment et le tout, le matériel et l’immatériel.
Ces corps représentés évoquent tout autant l’humain que l’animal. Ils sont le résultat d’un procédé de fabrication qui précède la peinture, ce sont de petits objets moulés en plâtre puis photographiés.
Sur le tableau, ayant perdu toute indication de taille, ils deviennent des sortes d’objets embaumés, pétrifiés, des corps chargés de l’histoire que le spectateur veut bien projeter sur leur image.
Les questions qui traversent son travail rejoignent l’archéologie et l’anthropologie, notamment dans le domaine des rites funéraires : la représentation du défunt, la métamorphose de son corps, sa sacralisation. »
Maude Maris

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Photographies : © Cécilia Philippe